A propos Édouard Dugas

Vieux bonhomme profitant de la vie depuis 1936 - Mon seul parti est le PPPP - Le Parti Pris Pour le Peuple.

Un monde qui fait peur

Pas reposant, le monde dans lequel nous vivons. En fait, le monde n’a jamais été reposant. Il y a bien par-ci, par-là quelques oasis de paix, de sécurité et de beauté mais en général, même dans un oasis, la misère et la souffrance abonde.

Nous sommes privilégiés au Québec d’avoir vécu à l’abri des grands tourments qui ont secoué le monde en ces derniers siècles.  Le XXe a été particulièrement cruel.  Le XXIe s’amorce mal.

Dès 2001, l’horreur frappait à New-York. Pour les Américains c’était un brutal rappel de Pearl Harbor, atteinte sournoisement par les Japonais le 7 décembre 1941.  « A day of infamy » selon le Président Roosevelt.  Qui ne se souvient du regard stupéfait de George W. Bush devant les écoliers du primaire à Sarasota en Floride le 9 septembre de cette année-là (2001), une éternité de sept minutes pendant lesquelles il reste figé, ne sachant comment réagir.

À son élection, je me suis dit que n’importe-qui pouvait devenir Président de ce grand pays.  Déjà son père, avec son Vice-président Dan Quayle qui frisait le ridicule à chaque pas, laissait pantois comme leader du monde libre pour ceux qui avaient connu les Roosevelt, Eisenhower, Kennedy, au creux de la Guerre 39-45 et en pleine guerre dite « froide » qui a suivi.

Quand on a vu ça, on pense avoir vu le pire.

Puis, survint Donald Trump !  Un croisement entre Falstaff de Shakespeare et Monsieur Jourdain de Molière.  Décidément, le ridicule ne tue pas.

Que cet homme puisse devenir Président de la plus grande puissance militaire et économique du monde laisse pantois.  La démocratie est malade ; gravement malade : et l’exemple nous vient de la plus grande démocratie du monde.  En tout cas, celle qui, à tort ou à raison, se proclame telle.  Y’a de quoi en faire une déprime : de quoi s’inquiéter du sort que le XXIe siècle réserve à la démocratie.

Quand le mur de Berlin s’est effondré, l’occident s’est mis à chanter Alléluia !  On proclamait la mort de l’ours soviétique.  On chantait les louanges de Reagan avec son « Mister Gorbachev, tear down this wall », en lui prêtant à tort, cette victoire immense, nous libérant de la constante menace nucléaire qui nous pesait dessus depuis Hiroshima et Nagasaki.

Cette victoire n’en est pas une.  C’était un aboutissement inévitable.  La défunte URSS est morte d’épuisement et Reagan n’y est pour rien malgré tout le pétage de bretelles américaines à son sujet.  Si quelqu’un peut, à juste titre, revendiquer cet événement historique c’est Mikhail Gorbatchev, un des plus grands hommes du XXe siècle, en voie de disparaître dans l’anonymat.  Gorbatchev, contrairement à ses têtus prédécesseurs, savait que l’économie soviétique était épuisée et ne pouvait plus soutenir les efforts requis contre la puissante Amérique.

Gorbatchev a eu le courage d’admettre la dure réalité et a trouvé deux mots qui ont changé le destin de la Russie moderne : glasnost et perestroïka (transparence et restructuration).  Par ces mots, Gorbatchev donnait la parole à un peuple qu’on avait obligé au silence depuis l’époque des Tsars.  C’est par la puissance de la parole du peuple que le Rideau de Fer est tombé.  Loin d’en récolter la gloire, Gorbatchev a failli y laisser sa vie.  Il a connu un coup d’état militaire, une humiliation publique par Boris Eltsine qui s’est emparé du pouvoir, et il se laisse maintenant modestement oublier.

Avec Trump, on est loin de cette époque.  Tous les progrès accomplis avec la disparition de la menace soviétique et la construction de l’Europe sont maintenant en péril.  Le Brexit en a été le premier coup de semonce.  L’élection de Trump est le clou dans le cercueil.  Le temps de détruire est arrivé et ça commence par la destruction de l’Amérique par l’intérieur.  Qui ne voit pas en Trump le héros de l’extrême droite blanche et farouchement nationaliste des « white supremecist », dignes héritiers des KKK, est soit aveugle, soit complice de ce qui se passe.

Pour Trump, « the ‘fake news’ media is the enemy of the American people ».  Ceux qui se moquent quand on rappelle Adolf Hitler en regardant Trump peuvent toujours rigoler.  Le massacre de la démocratie est déjà commencé.  Un président qui  ne digère pas la branche juridique de son système est une menace, exactement comme Hitler le fut.  Un président qui ne respecte pas la liberté de la presse dès que celle-ci l’interroge ou le critique est une menace, exactement comme Hitler le fut.   Et demain, quand la bisbille prendra entre lui et la branche législative de son pays, la réponse est toute prête, le modèle existe déjà, en moult copies, dont la plus éloquente est celle de Hitler et, plus récemment, celle d’Erdogan le Turk, ces « démocrates » qui se font voter, le plus démocratiquement du monde, les pleins pouvoirs.

Décidément, nous vivons dans un monde qui fait peur !

 

Édouard Dugas

ed-mr.ca

 

 

En toute ignorance de cause

Le meilleur chef pour le PQ

De mon fauteuil, derrière mon ordi ou devant l’écran de ma télé, je ne peux prétendre d’autre expertise que celle de l’impression que l’observation à distance me donne.  Reconnaître ça, c’est déjà un point d’avance sur ces experts commentateurs dont on ne connaît les secrètes motivations mais qui se veulent les orienteurs de notre pensée.  Je me sens plus à l’aise avec les choix qui surgissent de l’intérieur qu’avec celles qu’on veut m’imposer de l’extérieur.

Le Marois bashing de toutes parts a été un avertissement pour toutes ces femmes compétentes qui auraient pu vouloir assurer sa succession.  Y’a pas à dire, les femmes font peur.  Nos femmes font peur !  Je n’y vois aucune raison et une seule explication : nous ne sommes pas encore sortis de notre stade de machistes puérils.

Je salue le courage de Martine Ouellet qui a choisi d’affronter ce mur.  Si j’étais membre du PQ elle aurait mon soutien mais j’ai un grand regret : d’autres femmes, dont Véronique Hivon et Agnès Maltais ne sont pas des moindres, devraient se trouver sur les rangs.  Ça m’attriste profondément.

La guerre des coqs

Quand la chaise du chef se libère, il est rare qu’il manque des prétendants pour l’occuper.  L’ambition fait bien les choses.  Que ce soit parce qu’on se considère un candidat sérieux ou seulement qu’on y voit l’occasion de se positionner et se faire remarquer, c’est une porte sur l’avenir à ne pas rater.

Le danger est de se prendre tellement au sérieux en cours de route qu’on donne dans la bêtise et qu’on s’aliène les collègues d’hier qui, de rivaux aujourd’hui, deviendront nos ennemis de demain.  Il est plus facile de déchirer des amitiés que de les recoudre et ce tissu brisé dépasse l’individu, atteint le parti et se prolonge dans la société.

Chacun des candidats à la succession de Mme Marois a les qualités requises.  Mon choix s’arrêterait sur Martine Ouellet.  Je ne nourris pas d’illusions, c’est un des coqs qui remportera la donne, notre misogynie collective est encore trop forte.  L’élection de Mme Ouellet à ce poste relèverait du miracle.  L’extraordinaire se produit à l’occasion mais, par définition, l’extraordinaire est rare.

PKP : désir de messie

La seule chose de pire que le désir de messie est le complexe du messie.  J’aime et j’admire PKP.  C’est un excellent homme d’affaires et le digne successeur de son père.  Sa principale faiblesse est qu’il n’est pas un politicien.  C’est un homme d’affaires.  En soi, ce n’est pas un défaut.  Si un neurochirurgien réussit à s’improviser premier ministre, why not un businessman ?

Effectivement, why not !  Et ce qui s’annonce comme probable finira bien par arriver.  Vraisemblablement, PKP finira bien par remporter la course à la succession de Mme Marois.  Le jour d’après, qui finira bien lui aussi par arriver, il aura deux gros problèmes :

  • Qui le considère un messie aujourd’hui se retournera contre lui
  • Le PLQ ne lâchera pas la question éthique

Syndrome du messie

Comme disent les Américains, c’est du déjà-vu all over again.  Les messies déçoivent aussi souvent qu’ils réussissent et qui réussit n’apporte pas que le meilleur.  Les plus vieux se souvienne de Claude Ryan au PLQ qui s’y est cassé les dents.  Charest, l’ange noir d’Ottawa,   a réussi avec les résultats qu’on sait : corruption, collusion, et 60 milliards de dette en bonus.

Plus récemment, on a vu Stéphane Dion et Michael Ignatieff au PLC dont on s’est rapidement débarrassé pour y mettre, ciel !  Protégez-nous, qui d’autre que fils à papa Trudeau !  Pauvre Canada !

Les messies ne sont jamais à la hauteur des attentes.  Je ne vois pas comment PKP, tout habile et bien intentionné qu’il soit, puisse livrer la marchandise attendue de lui.

D’autant que…

Le PLQ ne lâchera pas la question éthique

C’est d’une bassesse innommable de leur part mais c’est typique du PLQ… et ça marche !  Quand ils ont un clou sur lequel frapper, ils ne lâchent pas.  Encore tout récemment, dernière campagne électorale, le seul mot « RÉFÉRENDUM» a été usé et abusé comme un mantra et s’est traduit en défaite pour Mme Marois.

D’évidence, PKP fait peur tant au PLQ qu’à la CAQ.  Ils ne reculeront devant rien pour lui bloquer la route et le forcer à abandonner son siège à l’Assemblée Nationale.  Désamorcez une des mines qu’ils mettront sur son chemin, ils en trouveront une autre, toute aussi perverse, à poser sur son chemin.

Je les vois déjà en train de fouiller tous les coins de sa vie privée ou publique et ils se serviront de tout, tout, tout ce qu’ils peuvent pour le neutraliser.

La politique québécoise n’est pas à la veille de manquer d’intérêt.

 Édouard Dugas

Pourquoi le capitalisme nous donne le meilleur des mondes possibles.

Pas le meilleur, juste le meilleur possible

À mon avis, un système socialiste serait le meilleur des systèmes politiques mais l’homme étant ce qu’il est, le socialisme, tout souhaitable qu’il soit, n’est pas soutenable.  Peut-être un jour quand l’homme aura évolué et sera devenu autre chose qu’humain, le socialisme sera possible.  Malheureusement, tant que l’homme sera ce qu’il est, oublions-ça !

Cupidité, paresse, envie, pouvoir

Les grandes qualités humaines sont la cupidité, la paresse, l’envie et le désir de pouvoir.  (Les défauts ne sont que des qualités qu’on n’aime pas.)  Ces qualités sont le moteur puissant qui l’a toujours emporté sur tous les autres.

On aura beau prêcher le partage et l’équité, chassez le naturel il revient au galop.  À l’entrée de la caverne comme dans les palais, cupidité, paresse, envie et pouvoir continueront toujours à l’emporter.

Les capitalistes feignent mépriser les paresseux alors qu’ils sont les plus paresseux parmi les paresseux.  Ils fustigent les nécessiteux qui ont besoin du secours de la société pour leur survie alors qu’ils sont les plus paresseux de tous, vivant aux crochets de ceux qu’ils dominent et qui bossent à leur place.

Louis XIV était un royal paresseux, un paresseux par excellence.  Il vivait aux crochets de son peuple et toute l’aristocratie qui le soutenait en faisait autant avec l’envie de s’approcher le plus possible de lui et paresser tout autant. 

Les Rothschild, les Donald Trump sont des paresseux qui, comme le renard de la fable, vivent aux dépens de ceux qui les envient et les écoutent alors qu’ils se croient admirés, aimés.

Les paresseux ne sont pas tous stupides.  Ils savent que la meilleure façon de satisfaire leur paresse est de faire en sorte que les autres fassent tout à leur place.  Ils ne reculeront devant rien pour arriver à leurs fins.  Ils savent que la richesse qui fait l’envie de tous est source de pouvoir.  Ils feront tout le nécessaire, ne reculeront devant rien pour l’avoir et le conserver.

Les moins astucieux auront recours au vol, au chantage, à la corruption au premier moyen légitime ou pas qui leur vient à l’esprit.  Les plus astucieux, se serviront des us et coutumes, des règles établies, des lois, les détournant et les contournant si nécessaire pour arriver à leurs fins.  Ainsi sont les hommes.

Quelques naïfs moins corrompus tenteront bien de se faufiler parmi eux avec un réel désir de justice et le goût de la compassion.  Quelques rares naïfs arriveront au sommet.  Ce sont des trouble-fêtes.  Sitôt arrivés, ils seront détrônés, parfois condamnés aux oubliettes, pour que les paresseux puissent retrouver leur place en toute tranquillité.

Ceux-ci concèderont juste ce qu’il faut pour maintenir le peuple dans un coma béat, suffisant pour éviter sa colère et le risque de révolution.  Louis XVI a payé de sa tête de ne pas avoir vu venir.  Qui lui ont tranché le chef n’ont guère fait mieux, le perdant à leur tour.  Le sauveur est souvent aussi perfide que celui qu’il renverse.

Le capitalisme fonctionne parce qu’il s’appuie sur ces vertus humaines.  Le partage et la compassion c’est bien beau mais c’est insuffisant pour animer et soutenir un système politique.  Ce sont rarement les politiciens qui gouvernent.  Ce sont les capitalistes cupides et paresseux.  Les politiciens qui font acte de nous gouverner ne sont pas les serviteurs du peuple.  Ils sont les esclaves des paresseux dont ils espèrent partager la richesse, le réel pouvoir et le dolce farniente.

Tant que l’homme sera ce qu’il est, paresseux, cupide, envieux et avide de pouvoir, le système capitaliste sera et restera le meilleur car il s’appuie sur ce qu’est l’homme, profondément.

 Édouard Dugas

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D’ignorance, de paresse, d’opportunisme, de trahison et de lâcheté

Je viens de lire Requiem pour le projet de pays de Stéphane Baillargeon, Isabelle Paré, Philippe Orfali, Le Devoir, 9 avril 2014.

Un peu tôt pour sonner le glas.  Jamais trop tard pour y voir plus clair. 

Deux grands dangers à lancer la serviette trop vite sans y regarder de près. 

  • Le retour de la violence des années 60. 
  • Perpétuer l’irresponsabilité 

Je me souviens, après la crise d’octobre 70, d’un Trudeau triomphant se pétant les bretelles et proclamant qu’il avait mis fin aux actes de violence avec sa politique armée. 

Rien de plus faux. 

Ce qui a mis fin à cette vague de violence c’est la voix (voie) fournie par René Lévesque via le Parti Québécois, permettant à une importante fraction de la population, toujours aujourd’hui entre 30 et 40%, lui permettant, dis-je, de s’exprimer autrement que par les bombes. 

Faites disparaître cet instrument indispensable et je vous prédis le retour à la violence car un tiers de la population sans voix est inconcevable.  Ce « tiers-ordre » n’acceptera jamais qu’on le fasse taire.  Se laisser réduire au silence n’est pas une option.  Restera la rue et les bombes si aucun instrument ne lui permet de s’exprimer. 

La souveraineté est un choix légitime, noble, responsable qui peut se faire dans le respect de tous, sauf si on l’accule, sans voix, dans un cul-de-sac de désespoir. 

Refuser de s’assumer est un choix lâche, au mieux opportuniste, car les serviles sont toujours généreusement récompensés par leurs maîtres. 

L’ignorance et la paresse sont les deux grands et premiers obstacles à surmonter.  On tient le peuple dans l’ignorance de son histoire qu’il confond avec celui des Canadians par des programmes hypocrites comme celles de Harper nous noyant dans sa guerre de 1812 pour nous faire oublier la rébellion de 1837.  Il est plus facile de gober les faussetés servies « gratuitement » que de faire l’effort de s’instruire. 

Il est plus facile d’abandonner la lutte que de se rouler les manches et fournir encore et encore l’effort nécessaire à son éducation et sa libération. 

Nommons les choses comme elles sont.  Il n’y a personne comme un colonisé heureux pour trahir son peuple.  Si le système fédéral t’engraisse et te rend heureux, quelle raison as-tu de ne pas le soutenir ?  C’est de la trahison. 

Quand tu soutiens un peuple qui n’est pas le tien, contre le tien, il n’y a pas d’autre qualificatif possible.  Quand tu trahis ton peuple, t’es un traître et un lâche. 

La souveraineté est un projet noble, légitime et responsable.  Assumer toutes ses responsabilités est un acte de vaillance, de courage.  Gérer tous ses biens soi-même, collecter tous ses impôts, administrer toutes ses lois, signer soi-même tous ses accords avec ses voisins, parler pour soi sur la scène internationale est la voie de la dignité et du respect de soi. 

Il nous faut un instrument qui porte cet idéal.  René Lévesque nous a donné le PQ dans ce but.  Si le PQ ne se sent plus capable de le faire, qu’il le dise, d’autres, plus courageux, plus persévérants prendront la relève. 

Renoncer à la souveraineté est le geste le plus irresponsable que je puisse imaginer.

 

Édouard Dugas

Photographie – 101 – 027

Chère Catherine, Carole et les autres…

 

Photo de nuit

Nos objectifs zooms un peu passe-partout, qui viennent en kit avec nos appareils ou que nous achetons par la suite en économisant autant que faire se peut, ces objectifs ont habituellement une ouverture maximum limitée à f4 ou f5, 6 selon la longueur focale.  Ça nous impose, en photo de nuit, des vitesses très lentes, des sensibilités ISO élevées ou carrément le trépied obligatoire et un sujet immobile.  Il y a une solution simple et peu coûteuse à ce dilemme.

Je me suis acheté un petit objectif 50mm f1, 8 de Canon pour 130$ qui, souvent, fait bien ce que j’ai à faire la nuit.  C’est un objectif de qualité à grande ouverture et je n’ai habituellement pas besoin de zoom pour les quelques photos que je veux saisir en ma baladant dans la rue de nuit.  À f1, 8, j’ai une très grande ouverture ! 

Cliquer pour voir la version aggrandie
Figure 127-001

Regarde la photo de la Figure 127-001, telle qu’à sa sortie de l’appareil, sans retouche.  Je l’ai faite en mode manuel à l’ouverture maximum de f1, 8, ISO 100 et une vitesse de 1/60 de seconde.  À cette vitesse avec un objectif de 50mm, tenant fermement mon appareil, je n’ai pas à craindre de provoquer un bougé.  Le danger réside dans le mouvement du sujet mais si je choisis, comme ici, un instant ou le mouvement cesse, même brièvement, ma photo n’en souffrira pas.  Au pire, je peux doubler mon ISO à 200 et doubler ma vitesse à 1/120 seconde pour réduire le risque.

La nuit, je ne me fie pas aux automatismes de la caméra.  Devant une scène sombre, l’appareil risque de déclencher le flash automatiquement ou surexposer l’image détruisant l’effet de noirceur recherchée et brûlant les zones claires effaçant tout détail là où c’est plus illuminé, là où se trouve souvent l’essentiel de la photo que je veux obtenir.  Je préfère expérimenter en mode manuel que me fier aux automatismes.  Je peux aussi mesurer la lumière près des surfaces les plus claires ou mesurer la lumière plus près de moi, sur une surface comparable afin de déterminer mes réglages.  Vois la lampe qui est déjà brûlée, peu m’importe car c’est le groupe de filles attablées qui m’intéresse, non la lampe.

Figure 127-002

Figure 127-002

La Figure 127-002 montre la même photo légèrement retouchée, faisant bien ressortir les têtes des filles avec un bel éclairage sur leur visage, permettant de mieux distinguer les détails des environs et laissant l’arrière-plan parfaitement noir.  C’est alors une question de choix et de goût, chacun travaillant ses photos à sa manière, les outils Photoshop facilitant un travail beaucoup plus détaillé que ce qui a été fait ici.  Les lampes sont brûlées mais c’était là le moindre de mes soucis, quoique j’aurais probablement pu atténuer cet effet si je m’y étais attardé.  Trop pressé, trop paresseux !

Il importe de se souvenir que, pour nos appareils, le monde idéal est gris.  Lorsqu’ils voient blanc ils veulent le rendre en gris.  Broyant le noir, ils l’idéalisent en gris.  Ta caméra pense que tout ce que tu lui montres, tu le veux d’un beau gris moyen et essai de le rendre à la perfection.  Un magnifique paysage hivernal, lendemain de tempête, si tu n’y prends garde, ton appareil te le rendra en un beau gris bien terne.  Adieu belle neige blanche immaculée !  De même avec ta belle photo de nuit, selon ce vers quoi tu te tournes, ton appareil voudra te donner des mesures pour la rendre en un beau gris moyen.  Adieu beaux noirs profonds !

La plupart des appareils permettent de corriger systématiquement l’exposition de plus ou moins deux coches en graduations de 1/3 de coche.  Devant un paysage de belle neige blanche, sachant que ton appareil va mal évaluer la lumière, tu peux le forcer à te donner des mesures plus proches de la réalité que tu veux rendre.  La scène étant blanche, l’appareil va vouloir laisser entrer moins de lumière, en fermant l’ouverture ou en exposant moins longtemps et ramener ce blanc au gris moyen.  Tu le forceras alors à surexposer la scène d’une ou deux coches pour rendre tes blancs correctement.  Inversement, devant une scène particulièrement sombre, tu peux le forcer à sous-exposer la scène, sachant que l’appareil va tendre à faire le contraire et surexposer ton image, toujours dans son obsession à donner un gris moyen.

Lis ton manuel !  Il t’expliquera comment faire avec ton appareil.  Expérimente !  Tu sauras rapidement faire tes ajustements sans avoir à te torturer les méninges à la dernière minute.

Je ne me sers pas de cette correction.  Il me semble plus facile d’expérimenter et de regarder le résultat sur le moniteur de l’appareil, sachant que je pourrai travailler ma photo en laboratoire.  Autant que possible, je garde l’ISO au plus bas possible, sachant aussi que sortir le détail du noir a déjà tendance à produire de la granulation sur l’image.

Figure 127-003

Figure 127-003

Je te propose ces deux autres photos pour illustrer ce qu’on peut faire.

Figure 127-004

Figure 127-004

Les deux ont été saisies à f1, 8, 1/40 de seconde et ISO 100.  Les deux sont légèrement retouchées à l’ordinateur, seulement pour en affecter la luminosité, le contraste et la netteté.  À mon avis, elles en valent bien d’autres que nous pouvons voir dans les revues et journaux.

Avec un minimum de connaissances, d’audace et d’expérimentation, on peut facilement faire de la photo de nuit, sans flash en profitant de la lumière ambiante.  En certaines circonstances, il peut être utile d’utiliser le flash pour éclairer un sujet important au premier plan mais c’est rarement le cas et le flash a tendance à gâcher l’atmosphère plutôt que de l’aider.  Aussi, souviens-toi qu’un flash n’est efficace qu’à courte distance.  L’utiliser, comme on le voit souvent, dans un amphithéâtre sur un sujet distant est totalement inutile et gâchera la photo en éclairant les poussières suspendues dans l’atmosphère sans jamais que sa lumière n’atteigne le sujet.  L’intensité de la lumière diminue rapidement en s’éloignant de sa source.  Chaque fois que tu doubles la distance, tu divises l’intensité lumineuse par quatre.

Édouard Dugas

ed-mr.ca

 

Photographie – 101 – 026

Chère Catherine, Carole et les autres…

 

Je crois l’avoir déjà dit, je préfère nettement Photoshop CS à Photoshop Elements alors que Marie Rose préfère celui-ci.  Comme dirait le Prince Orlofsky :  «Chacun à son goût ! »  Vrai, le premier coûte beaucoup plus cher, à partir d’environ 400$ US ce n’est pas donné, mais quel prix un laboratoire à l’ancienne avec tout l’espace requis ?  De fait, quel prix la photo argentique, à l’ancienne, avec l’achat de pellicule et le coût du développement ?  Même si Elements te donne, pour l’essentiel, les mêmes outils que CS, la performance de celui-ci est supérieure et la différence remarquable. Lire la suite

Photographie – 101 – 025

Chère Catherine, Carole et les autres…

 

Je trouve difficile de passer devant une belle église sans mettre le pied dedans, pour peu que les portes soient ouvertes.  Malheureusement, il y en a de plus en plus sous clef, d’autres qui demandent des droits d’admission, d’autres encore qui interdisent la photo, préférant les vendre aux visiteurs pour défrayer les coûts d’entretien.  Je comprends cette nécessité mais je trouve ça frustrant, désirant faire les miennes. Lire la suite

Photographie – 101 – 023

Chère Catherine, Carole et les autres…

 

OK !!!  Mon dernier article remonte au 4 octobre 2012 et nous voilà, déjà, en février 2013 !  Le temps passe !  Paresse et activités aidant, j’ai beaucoup de rattrapage à faire.  Je vais quand même reprendre là d’où nous nous sommes quittés, au retour d’Aix-en-Provence avec tout un stock de photos de voyage à analyser et à travailler. Lire la suite

De faits et de vérité

Seules les émotions ne trompent pas

 

De fait, les faits sont esclaves de qui les collige et les interprète.  Rapidement, celui qui fait des faits son maître, à son tour, en devient l’esclave.

On ne les compte plus ces collecteurs de faits qu’on a vus les empilant et les interprétant de manière à planter l’adversaire, que ce soit en politique, en philosophie, en science, en idéologie ou même en histoire.  «Les faits sont des faits, dit-on, on ne saurait les faire mentir.»  Le monde idéal n’existant pas, l’homme idéal encore moins, la manipulation comportant d’indiscutables avantages, il est utile de se méfier, de s’interroger, de se souvenir qu’on ne cesse de manipuler, d’inventer ou d’oublier les faits. Lire la suite