En toute ignorance de cause

Le meilleur chef pour le PQ

De mon fauteuil, derrière mon ordi ou devant l’écran de ma télé, je ne peux prétendre d’autre expertise que celle de l’impression que l’observation à distance me donne.  Reconnaître ça, c’est déjà un point d’avance sur ces experts commentateurs dont on ne connaît les secrètes motivations mais qui se veulent les orienteurs de notre pensée.  Je me sens plus à l’aise avec les choix qui surgissent de l’intérieur qu’avec celles qu’on veut m’imposer de l’extérieur.

Le Marois bashing de toutes parts a été un avertissement pour toutes ces femmes compétentes qui auraient pu vouloir assurer sa succession.  Y’a pas à dire, les femmes font peur.  Nos femmes font peur !  Je n’y vois aucune raison et une seule explication : nous ne sommes pas encore sortis de notre stade de machistes puérils.

Je salue le courage de Martine Ouellet qui a choisi d’affronter ce mur.  Si j’étais membre du PQ elle aurait mon soutien mais j’ai un grand regret : d’autres femmes, dont Véronique Hivon et Agnès Maltais ne sont pas des moindres, devraient se trouver sur les rangs.  Ça m’attriste profondément.

La guerre des coqs

Quand la chaise du chef se libère, il est rare qu’il manque des prétendants pour l’occuper.  L’ambition fait bien les choses.  Que ce soit parce qu’on se considère un candidat sérieux ou seulement qu’on y voit l’occasion de se positionner et se faire remarquer, c’est une porte sur l’avenir à ne pas rater.

Le danger est de se prendre tellement au sérieux en cours de route qu’on donne dans la bêtise et qu’on s’aliène les collègues d’hier qui, de rivaux aujourd’hui, deviendront nos ennemis de demain.  Il est plus facile de déchirer des amitiés que de les recoudre et ce tissu brisé dépasse l’individu, atteint le parti et se prolonge dans la société.

Chacun des candidats à la succession de Mme Marois a les qualités requises.  Mon choix s’arrêterait sur Martine Ouellet.  Je ne nourris pas d’illusions, c’est un des coqs qui remportera la donne, notre misogynie collective est encore trop forte.  L’élection de Mme Ouellet à ce poste relèverait du miracle.  L’extraordinaire se produit à l’occasion mais, par définition, l’extraordinaire est rare.

PKP : désir de messie

La seule chose de pire que le désir de messie est le complexe du messie.  J’aime et j’admire PKP.  C’est un excellent homme d’affaires et le digne successeur de son père.  Sa principale faiblesse est qu’il n’est pas un politicien.  C’est un homme d’affaires.  En soi, ce n’est pas un défaut.  Si un neurochirurgien réussit à s’improviser premier ministre, why not un businessman ?

Effectivement, why not !  Et ce qui s’annonce comme probable finira bien par arriver.  Vraisemblablement, PKP finira bien par remporter la course à la succession de Mme Marois.  Le jour d’après, qui finira bien lui aussi par arriver, il aura deux gros problèmes :

  • Qui le considère un messie aujourd’hui se retournera contre lui
  • Le PLQ ne lâchera pas la question éthique

Syndrome du messie

Comme disent les Américains, c’est du déjà-vu all over again.  Les messies déçoivent aussi souvent qu’ils réussissent et qui réussit n’apporte pas que le meilleur.  Les plus vieux se souvienne de Claude Ryan au PLQ qui s’y est cassé les dents.  Charest, l’ange noir d’Ottawa,   a réussi avec les résultats qu’on sait : corruption, collusion, et 60 milliards de dette en bonus.

Plus récemment, on a vu Stéphane Dion et Michael Ignatieff au PLC dont on s’est rapidement débarrassé pour y mettre, ciel !  Protégez-nous, qui d’autre que fils à papa Trudeau !  Pauvre Canada !

Les messies ne sont jamais à la hauteur des attentes.  Je ne vois pas comment PKP, tout habile et bien intentionné qu’il soit, puisse livrer la marchandise attendue de lui.

D’autant que…

Le PLQ ne lâchera pas la question éthique

C’est d’une bassesse innommable de leur part mais c’est typique du PLQ… et ça marche !  Quand ils ont un clou sur lequel frapper, ils ne lâchent pas.  Encore tout récemment, dernière campagne électorale, le seul mot « RÉFÉRENDUM» a été usé et abusé comme un mantra et s’est traduit en défaite pour Mme Marois.

D’évidence, PKP fait peur tant au PLQ qu’à la CAQ.  Ils ne reculeront devant rien pour lui bloquer la route et le forcer à abandonner son siège à l’Assemblée Nationale.  Désamorcez une des mines qu’ils mettront sur son chemin, ils en trouveront une autre, toute aussi perverse, à poser sur son chemin.

Je les vois déjà en train de fouiller tous les coins de sa vie privée ou publique et ils se serviront de tout, tout, tout ce qu’ils peuvent pour le neutraliser.

La politique québécoise n’est pas à la veille de manquer d’intérêt.

 Édouard Dugas

D’ignorance, de paresse, d’opportunisme, de trahison et de lâcheté

Je viens de lire Requiem pour le projet de pays de Stéphane Baillargeon, Isabelle Paré, Philippe Orfali, Le Devoir, 9 avril 2014.

Un peu tôt pour sonner le glas.  Jamais trop tard pour y voir plus clair. 

Deux grands dangers à lancer la serviette trop vite sans y regarder de près. 

  • Le retour de la violence des années 60. 
  • Perpétuer l’irresponsabilité 

Je me souviens, après la crise d’octobre 70, d’un Trudeau triomphant se pétant les bretelles et proclamant qu’il avait mis fin aux actes de violence avec sa politique armée. 

Rien de plus faux. 

Ce qui a mis fin à cette vague de violence c’est la voix (voie) fournie par René Lévesque via le Parti Québécois, permettant à une importante fraction de la population, toujours aujourd’hui entre 30 et 40%, lui permettant, dis-je, de s’exprimer autrement que par les bombes. 

Faites disparaître cet instrument indispensable et je vous prédis le retour à la violence car un tiers de la population sans voix est inconcevable.  Ce « tiers-ordre » n’acceptera jamais qu’on le fasse taire.  Se laisser réduire au silence n’est pas une option.  Restera la rue et les bombes si aucun instrument ne lui permet de s’exprimer. 

La souveraineté est un choix légitime, noble, responsable qui peut se faire dans le respect de tous, sauf si on l’accule, sans voix, dans un cul-de-sac de désespoir. 

Refuser de s’assumer est un choix lâche, au mieux opportuniste, car les serviles sont toujours généreusement récompensés par leurs maîtres. 

L’ignorance et la paresse sont les deux grands et premiers obstacles à surmonter.  On tient le peuple dans l’ignorance de son histoire qu’il confond avec celui des Canadians par des programmes hypocrites comme celles de Harper nous noyant dans sa guerre de 1812 pour nous faire oublier la rébellion de 1837.  Il est plus facile de gober les faussetés servies « gratuitement » que de faire l’effort de s’instruire. 

Il est plus facile d’abandonner la lutte que de se rouler les manches et fournir encore et encore l’effort nécessaire à son éducation et sa libération. 

Nommons les choses comme elles sont.  Il n’y a personne comme un colonisé heureux pour trahir son peuple.  Si le système fédéral t’engraisse et te rend heureux, quelle raison as-tu de ne pas le soutenir ?  C’est de la trahison. 

Quand tu soutiens un peuple qui n’est pas le tien, contre le tien, il n’y a pas d’autre qualificatif possible.  Quand tu trahis ton peuple, t’es un traître et un lâche. 

La souveraineté est un projet noble, légitime et responsable.  Assumer toutes ses responsabilités est un acte de vaillance, de courage.  Gérer tous ses biens soi-même, collecter tous ses impôts, administrer toutes ses lois, signer soi-même tous ses accords avec ses voisins, parler pour soi sur la scène internationale est la voie de la dignité et du respect de soi. 

Il nous faut un instrument qui porte cet idéal.  René Lévesque nous a donné le PQ dans ce but.  Si le PQ ne se sent plus capable de le faire, qu’il le dise, d’autres, plus courageux, plus persévérants prendront la relève. 

Renoncer à la souveraineté est le geste le plus irresponsable que je puisse imaginer.

 

Édouard Dugas

Alea jacta est*

Mais rien n’est réglé.  Tout reste à faire, à refaire, à refaire…

 

Les hommes étant ce qu’ils sont, les femmes aussi, un changement de gouvernement si souhaité et souhaitable soit-il n’est pas la fin de l’histoire.  Ce n’est que le début.  Et le pur d’hier se retrouve aussi vulnérable à la corruption et menacé par la collusion que celui qu’il remplace.  Les bonnes intentions ne suffisent pas. Lire la suite

Ma conviction profonde

J’EN FAIS MA PRIORITÉ

(D'abord publié le 3 août 2012)

Et, contrairement aux politiciens, dont je ne suis pas, je n’ai qu’une seule et unique priorité politique : l’indépendance du Québec. Nous avons un gouvernement de trop et il se trouve à Ottawa. De plus, celui d’Ottawa est, à mes yeux, plus une menace qu’un soutien à ce que je suis. Celui de Québec est plus proche de mes besoins et mes valeurs (mot galvaudé). C’est ma conviction profonde. Lire la suite

Indépendance, rayonnement et prospérité

OU LE QUÉBEC SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

(D'abord publié le 3 juillet 2012)

Le premier Forum mondial de la langue française me fournit l’occasion et le prétexte d’en parler : l’indépendance du Québec aurait l’effet d’un traitement choc pour la protection et le renforcement de la langue française chez-nous et dans le monde. Du coup, deux boulets que nous traînons seraient levés : l’obstacle « canadian » et l’invisibilité internationale. Au fond, les deux faces d’un même visage. Lire la suite

Les cinquante-huit millions qui tuent

OU LA MORT QUE NOUS FINANÇONS GAIMENT

(D'abord publié le 30 juin 2012)

Admettons que je suis propriétaire d’une industrie qui fabrique des avions. Admettons que mes avions se vendent un peu partout dans le monde avec un joli petit profit. Admettons que mon usine, ici, fait travailler quelques centaines de personnes. Admettons, comme dans toute industrie, que d’autres emplois, des emplois dits secondaires, dépendent de ma production. Lire la suite

Michel Hébert et La politique selon Khadir

En réplique à son salissage du 9 juin 2012 dans le Journal de Montréal

(D'abord publié le 9 juin 2012)

LE RIDICULE NE TUE PAS MAIS CE N’EST PAS FAUTE D’ESSAYER.

Pour un instant, j’aurais cru m’être tassé de trois colonnes et être tombé dans une soupe alla Martineau. Du journalisme à 19,95$, transport inclus si on en prend deux, semble être la règle au Journal de Montréal. J’avais la naïveté de penser Hébert un peu au dessus de la mêlée mais, que voulez-vous, même un vieux singe, surtout un vieux singe semble-t-il, peut se tromper, d’autant qu’il ne fréquente pas habituellement la culture de la Péladeau Empire, Sun News and Company. Lire la suite

Si tu gouvernes en imbécile

TU VAS TROUVER ÇA DIFFICILE

(D'abord publié le 23 mai 2012)

Désolé de vous le dire, M. Charest, M. Dutil, Mme Courchesne, M. Fournier et autres complices, ce n’est pas parce qu’on est plus vieux, plus expérimenté, plus puissant et bien assis à l’Assemblée nationale qu’on est plus sage que des enfants à peine sortis de l’adolescence. Lire la suite