Bordeaux

Le cours Victor-Hugo

À l’extrémité nord de notre petite rue, partant du cours Pasteur, on tombe sur le cours Victor-Hugo qui se prolonge jusqu’au pont de pierre sur la Garonne. Nous passerons souvent par là. Quelques-uns de nos restaurants préférés s’y trouvent, dont le Palatium au décor ancien, et l’italien Café Caruso, dit le CCP, qui ne sont séparés que par une étroite ruelle.

Les serveurs de l’un se mêlent aux serveurs de l’autre, échangeant des bribes de conversation pendant qu’ils s’affairent autour des tables et alors que les coursiers à bicyclette vont et viennent avec leur sac à dos chargé de bouffe à livrer. Un peu plus loin, le Café des Arts aussi, juste au coin de la rue Sainte-Catherine, offre un repas abordable et une activité intéressante à observer pour un vieux curieux de mon espèce.

Le touriste avide de photos a intérêt à se rendre jusqu’au bord de la Garonne. En passant, il ne saurait éviter la célèbre Jaguar verte, «crachée» par exprès à travers les murs du garage Victor-Hugo dans le seul but de nous étonner. C’est réussi.

Plus loin, on va croiser la rue Saint-James, bloquée par la remarquable Grosse Cloche, beffroi de l’ancien hôtel de ville.

La Grosse Cloche

On arrive enfin en vue du pont de pierre. Il faut d’abord franchir la porte de Bourgogne. Si elle faisait déjà partie d’autre chose, une fortification ancienne par exemple, on n’en voit plus aucune trace. Elle est là, haute, large, noble, face au pont, ne servant à rien d’autre que nous étonner et poser fièrement pour nos objectifs curieux.

La porte de Bourgogne

Le pont de pierre, modestement nommé, construit sous Napoléon et rénové durant les années ’50, surprend par son élégance. Le rythme et la perspective de ses voûtes et ses lampadaires accentuent sa longueur et font le bonheur du photographe. Il est réservé aux cyclistes, piétons et aux tramways.

Saint-Michel

En tournant le regard vers la ville, on est séduit par l’architecture de part et d’autre de la porte de Bourgogne et, par-dessus les toits, on voit la flèche de la basilique Saint-Michel qui nous appelle irrésistiblement. Si la religion nous a donné des guerres, des persécutions et l’inquisition, on lui pardonne beaucoup pour la richesse des arts — peinture, sculpture, musique et architecture — qu’elle nous a léguée.

Cette richesse se ternit un peu quand je pense à tous ces misérables qui se sont tués ou qui sont sortis éclopés et invalides des grands chantiers des palais et cathédrales, construits à bras d’homme, sans le bénéfice des protections des chantiers modernes.  La CSST (Québec) aurait bien du retard dans ses dossiers si elle avait été là.

Devant la basilique se dresse le monumental campanile, indépendant du sanctuaire. Les deux, clocher et basilique, sont difficiles à photographier à cause de l’exiguïté de la place qui les entoure.

Au pied du campanile et tout autour de la place le touriste fatigué peut se détendre aux différentes terrasses, admirer les lieux et observer les passants.

En remontant vers le marché des Capucins, nous pouvons facilement rejoindre la place de la Victoire et l’université et rentrer tranquillement chez nous au Bistrot.

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